samedi 15 novembre 2008

Viðrar Vel Til Loftárása (Zenith - 15 novembre 2008)

Sigur Ros, épisode 4, ou comment passer du très bon au moyen. Un show hyper calculé, une musique dénaturée, un public néophyte... Que penser d'un de mes groupes préférés...

Un samedi sous le signe de l'expectative. Comme d'habitude, mon cher époux ne m'a pas appelé avant 16h et comme il avait les places j'ai eu le loisir de me faire des films : "il va me laisser tomber" "il a du se faire écraser par un bus" "il pense que je suis pas à Paris". Et pour me calmer quoi de mieux que de me frustrer en regardant Heima (THE DVD de Sigur Ros) qui montre des endroits paumatoires en Islande avec en soundtrack les musiques du groupe. Donc une fois l'appel reçu je m'exile à l'autre bout de Paris, direction le Zenith du Parc de la Vilette. C'est loin, chiant et pas une bonne salle. M'en fiche je vais voir un de mes groupes préférés... Que d'habitude je vois soit à l'Olympia, soit dans un cinéma (haha).

Nous voilà aux abords de la salle, anxieux parce que nous voulons éviter une vielle connaissance ennemie. M'enfin on s'engouffre sans trop de mal dans ce bunker et on slalome pour arriver au merch' (comment ça fait in de raccourcir les mots), d'un stand à l'autre je décide de m'acheter un sweat shirt avec un dessin très Sigur Rossien. En plus c'est un American Apparel. Bref on va dans la fosse avec nos cookies : faut bien se nourrir avant de vivre des émotions fortes. J'essaie mon pull, j'enlève mes moufles islandais. On se met sur la droite en face de la scène, côté Stefan Olsdal (bassiste de Placebo, toujours à droite). Il y a plein d'indie boy avec une barbe et l'air coolos pas trop négligé non plus, et aussi... des gothiques. Pouah ! Mon père avait peut être raison on dirait que ça attire les dépressifs suicidaires. Le temps de ricaner en reparlant de conneries. De nous déshabiller : il fait très chaud, voir trop chaud... et le concert commence.

Il est 19h40. C'est un groupe islandais (comme par hazard) pas Aminaa : on rompt déjà les habitudes. Avant c'était 4 jeunes islandaises avec des violons, contre basses, enfin un quatuor à cordes. Là c'est un groupe - For a Minor Reflection - un peu dans la même veine que Sigur Ros : du post rock. Sympa, rapide, expédié, ils nous racontent qu'ils sont passés de 50 pecnauds en Islande à des milliers de personnes en Europe. Le set se finit très rapidement, c'était cool mais pas du tout mémorable. Un peu déjà entendu... Vu que ça s'apparente à la tête d'affiche. Les lumières se rallument, quelques essais micro, quelques petits réglages et c'est reparti pour un tour.

Il est 20h30 quand le groupe fait son apparition sur scène... Costumés, maquillés. Ah ? Encore un changement on a troqué des tenues d'une simplicité déconcertante pour des tenues affriolantes, des maquillages, des bonnets compliqués. Bien entendu tout le monde applaudit, mais ça gâche déjà la première chanson à savoir Sven-g-Englar (de l'album Agaetis Byrjun, deuxième opus du groupe). Cette chanson commence avec des bruits de sonar, c'est donc crucial d'avoir un minimum de silence. Mais bon je n'en veux pas au 6 398 autres personnes (moins moi et mon époux) d'avoir ovationner l'arrivée du groupe. Un peu rude comme départ, j'aime bien attendre avant d'avoir mes morceaux préférés ça laisse un semblant de suspens, d'autre part cette chanson est très calme, posée, à savourer. Donc voilà. Les chansons se succèdent. Je suis incapable de donner les noms exacts des chansons étant donné que les noms sont à rallonges et surtout en islandais. Bref, c'est surtout des chansons des deux derniers albums Takk et Med Sud I Eyrum Vid Spilum Endalaust. On a en vrac : un Hoppipola très enjoué, très suivit (même qu'ils nous font chanter), un Saeglopur mignon. Ce qui est gonflant c'est que c'est tout en son et lumière. Là encore c'est bizarre : on a des canons à confettis, un rideau de pluie, des gros lustres en boule de papier, des scintillements de partout... Mais pourquoi ? Pour qui ? Le final c'est le single Globibook qui explose en confettis, en surexcitation, en lalalalalalalaaa général. Puis après une méga ovation, un rappel de deux chansons avec tout de même Untitled 8 (de l'excellent (), le meilleur opus). C'est extrêmement frustrant de voir tout ça.

Mon avis sur ce concert est très cinglant : j'ai pas ressentit de frissons, j'ai même pensé à Véronique Sanson, à Mylène Farmer, à Johny... Je trouve ça passable. Mais j'ai définitivement perdu les sensations liées à des salles plus cosies, plus propices à cette musique qui doit avoir un son parfait pour se déployer. Je trouve que les membres en font presque trop afflubés de ces costumes. Je déteste les gens qui passent leur concert à prendre des photos, alors que nous essayons de regarder au dessus des têtes. J'aime pas non plus les incultes qui applaudissent alors que c'est juste une pause dans un morceau.

Bref je suis vraiment déçue.

1 commentaire:

Mickael a dit…

En vrac :

- Je regrette le temps béni où les appareils photos étaient interdits dans les salles de concert, avoir en face de soi une dizaine d'écrans allumés en permanence, c'est pénible.
- Avec une salle comme le Zénith, c'était quitte ou double, le son était horrible mais la musique des islandais a pu se déployer.
- All Alright fut un très beau moment avec un Jonsy qui paraissait completement nu sans instrument, à gesticuler des doigts à la Björk.
- Les petits problèmes techniques étaient de vrais petites bouffées d'oxygène au milieu du show ultra réglé.
- Gobbledigook, titre enjoué, est super bien en live mais arrive comme un cheveux sur la soupe.
- Amina m'a vraiment manqué, j'ai ressentis moins d'émotion qu'à leurs précédents concerts.
- Le son de la basse était extraordinaire !
- La débauche de moyens et d'effets ainsi qu'un spectacle réglé au millimètre m'ont empêché de rentrer dedans.
- Les meilleurs moments : Ný batterí, Sæglópur, E-bow, Hafsól et Popplagid (l'effet "tempête" derrière eux était le seul pertinent à mon gout), quelle puissance mon dieu ! Rien que Popplagid justifiait le prix de la place.

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